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![]() Le silence du fleuve Anne Tristan - Au nom de la mémoire, Syros ![]() 17 octobre, 17 illustrateurs B. Stora, A. Tristan, M. Lallaoui Au nom de la mémoire |
Au nom de la mémoire… Le 5 octobre 1961, Maurice Papon impose un couvre-feu aux travailleurs algériens. Le 17 octobre, plusieurs centaines de manifestants protestant contre cette mesure disparaissent ou sont jetés dans la Seine, victimes des exactions policières. Le 17 octobre 1961, à Paris, des Algériennes
et des Algériens manifestent en famille, dignement et pacifiquement,
contre le couvre-feu qui leur est imposé par Maurice Papon, préfet
de police de Paris. Endimanchés, ils ont quitté Nanterre,
Gennevilliers, Levallois-Perret, et d’autres villes de la banlieue
pour les grands boulevards parisiens. C’est au rythme des you-yous
des femmes qu’ils sont entrés dans la capitale. Maintenant
silencieux, sous la pluie et dans le froid, ils marchent la tête
haute. La consigne du FLN était stricte : il ne fallait pas entrer
en conflit avec les forces de l’ordre ; aucune arme n’était
autorisée. Le cortège quitte l’Opéra. Face
aux manifestants, la police est importante, brutale. Obéissant
aux ordres du préfet, elle charge. Tous les coups sont permis.
Sauvagement battus, des Algériens seront arrêtés
et parqués au stade de Coubertin, palais des sports de la Porte
de Versailles. D’autres, blessés à la tête,
sont laissés sur les trottoirs, ou jetés dans la Seine.
Ceux qui échappent à cette violence repartiront en banlieue
et feront le triste compte des absents. Près de 12 000 Algériens
ont été arrêtés ce jour-là. Des centaines
ont disparu ou disparaîtront dans les jours qui suivirent. |
France-Algérie, mémoires croisées.
Dossier du numéro de Citrouille paru en mars 2003.
-Dakia
-Oran 62, Pierre Davy
-Devoir de mémoire, Guy Jimenes
-Maboul, Jean-Paul Nozière
-Wahid, Thierry Lenain et Olivier Balez
-Association Au nom de la mémoire
-Institut du Monde Arabe
-Leïla Sebbar
- Carnets d'Orient , Jacques Ferrandez