
La jeune fille au balcon
Points Virgule, Seuil – 4,95 e
Nouvelles
Six nouvelles qui tissent les liens d’aujourd’hui entre
la France et l’Algérie. Deux se passent en Algérie,
dont « La jeune fille au balcon », histoire d’un
amour interdit par la guerre. Les autres se passent en France parmi
les immigrés et surtout les enfants d’immigrés
dans leurs liens avec les autres à travers le prisme de deux
cultures. Des rencontres souvent difficiles mais très enrichissantes.
J’étais enfant en
Algérie : juin 1962
Le Sorbier – 6,40 e
Récit documentaire
Les interrogations et les inquiétudes d’un enfant à la fin de la guerre d’Algérie, alors qu’il est
pris dans la tourmente du départ des colons vers la France.
Entre témoignage et fiction, c’est un récit sur
le thème de la déchirure, de la séparation.
Soldats
Fictions, Seuil – 9 e
Nouvelles
Sept récits sur la guerre où les soldats sont jeunes
et n’ont pas choisi d’y être. Ils ne savent pas
toujours pourquoi ils sont là, et ils n’ont pas choisi
de mourir. Mais les résultats de toutes les guerres sont
là : des femmes pleurent les disparus, des enfants souffrent,
des familles quittent leurs maisons détruites, vivent la
faim et l’exode…
La Seine était rouge,
Paris, octobre 1961
Thierry Magnier – 6,55 e
Roman
Jeune étudiante, Amel découvre les témoignages
de ses proches dans un film documentaire. Elle est révoltée
par le silence de sa mère et de sa grand-mère qui
refusent de lui parler du 17 octobre 1961, de la guerre d’Algérie,
de leur vie dans le bidonville de Nanterre, de tout ce qui est si
difficile à vivre et à dire, alors qu’elles viennent
d’en parler à un cinéaste… Amel fugue à la recherche d’autres paroles.
Le Chinois vert d’Afrique
Eden, 13 e
Roman
Mohamed, Mehmet, Momo, surnommé « Le Chinois vert d’Afrique », a un
grand-père algérien et une grand-mère vietnamienne. Il vit dans la
banlieue, en clandestin, dans un cabanon de jardins ouvriers proche de
sa cité. Il collectionne les images de guerre, il fabrique des
amulettes, il aime l’opéra… Et il tombe amoureux de Myra, une « croisée
» elle aussi. Il joue de la flûte et sème des photos sous les pas de
ses poursuivants, police et milice. Il court beaucoup, et les
personnages qu’il nous fait rencontrer dans son errance sont
passionnants. Sa quête d’identité, de mémoire, de paroles et de vérités
essentielles est fondamentale.
Je ne parle pas la langue
de mon père
Julliard – 15 e
Le père de la romancière ne lui a pas appris l’arabe, la langue de sa
mère, de ses sœurs, la langue de son peuple. C’est derrière le silence
laissé par cette absence de la langue qu’elle cherche ce qui l’a
construite… C’est lui qu’elle interroge, remontant les fils de son
histoire et de celle de l’Algérie. Ce sont les femmes et les hommes qui
ont croisé la vie de son père qui parlent sa langue qu’elle questionne.
Un travail de mémoire essentiel pour l’auteur qui écrit pour découvrir
et comprendre ce qui ne lui a pas été dit, et pour tenter d’approcher
son père, « l’étranger bien-aimé ».
Shérazade, 17 ans,
brune, frisée, les yeux verts
Stock
Lettres parisiennes. Autopsie de l’exil
Avec Nancy Huston
J’ai Lu
Une enfance d’ailleurs
Avec Nancy Huston
J’ai Lu
Une enfance algérienne
Recueil dirigé par L. Sebbar
Folio, Gallimard
Une enfance outremer
Recueil dirigé par L. Sebbar
Points Virgule, Seuil
Marguerite
Eden
Femmes d’Afrique du Nord, cartes postales
1885-1930
Avec J. -M. Belorgey
Bleu autour
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La langue de Leïla
Sebbar
Que
Leïla Sebbar interroge l’Histoire ou son histoire, elle revient
toujours à ces rencontre entremêlées : celle de son père et de sa
mère, celle de l’Algérie et de la France.
Leïla
Sebbar est née en Algérie pendant la colonisation, de père algérien et
de mère française, tous deux instituteurs. Adolescente, et citoyenne
française par sa mère, elle quitte l’Algérie indépendante pour la
France. Aujourd’hui, quand on lui demande comment elle se situe en tant
qu’écrivain, Leïla Sebbar a bien du mal à répondre. Elle n’est ni
écrivain algérienne, ni écrivain maghrébine de langue française,
puisque le français est sa langue maternelle, ni écrivain «beur»,
puisqu’elle n’a pas vécu l’immigration. Alors elle répond écrivain
français. Mais la réalité est plus complexe. Et ses textes ne cessent
d’ausculter les liens entre Algérie et France, les relations
passionnantes et difficile entre ces deux cultures, entre ces deux
langues, entre les enfants d’immigrés et les autres. Et puis il y a la
guerre, celle d’avant la Libération qu’elle a connue et celle de
maintenant qu’elle veut comprendre. Et puis il y a l’exil, tous les
exils… Que Leïla Sebbar interroge l’Histoire ou son histoire, elle
revient toujours à cette rencontre, celle de son père et de sa mère,
celle de l’Algérie et de la France.
Leïla Sebbar n’est pas une romancière pour la jeunesse,
dans le sens où nous l’entendons généralement.
Mais la lecture de ses récits, romans et nouvelles, peut trouver
des résonances dans un large public. Car à travers ce
travail de mémoire et de réflexion, elle parle souvent
de l’enfance, de ce moment fondateur qui construit ou détruit
l’adulte à venir. Son écriture s’adresse ainsi
à tout lecteur, dès l’adolescence, qui saura être
sensible à ces histoire à la fois singulières et
universelles.
-Je viens de relire La jeune fille au balcon et La Seine était
rouge, et de découvrir votre dernier roman Je ne parle
pas la langue de mon père. Trois récits où j’ai cru percevoir une autre voix sous la narration, derrière
les dialogues ; trois récits que lie la parole – ou le manque
de parole…
-Déjà dans mes textes plus anciens, et dès le titre,
il est question de la parole – souvent de manière négative.
Si je ne parle pas la langue de mon père, dans un recueil
collectif qui avait pour titre Voix de filles, voix de pères… Et puis Si je parle la langue de ma mère publié dix ans avant. Et un roman, Parle, mon fils, parle à ta mère… Jusqu’à ce dernier livre, Je ne parle pas la langue de
mon père.
En réalité, le sujet de chacun de ces textes, c’est le silence. Le
silence de la langue du père, l’arabe, le silence du fils qui ne parle
pas à sa mère… Un silence lié à l’exil, à une amnésie, à la fois
historique, politique et linguistique. Ce que vous vous entendez quand
vous me lisez, cette parole qui m’échappe derrière la narration, je
crois que ça tient à ça. Sans que je le veuille, et sans que je le
sache, une autre parole est là, sans pour autant parasiter le récit.
Mon écriture est un travail de mémoire à partir de ces silences et de
ces amnésies. C’est l’histoire d’une vie…
-Est-ce ce désir de travail de mémoire qui vous a conduite
à écrire ?
-Avant 1982, je publiais dans des revues. Mon premier texte, Une
enfance coloniale, dans la revue Sorcières, revue
de femmes des années 70, se situait entre fiction et autobiographie.
C’est avec lui que je suis passée du commentaire et de l’analyse
universitaires à l’écriture. C’est aussi avec
lui que, d’une certaine manière, j’ai retrouvé la mémoire de l’Algérie. À partir de ce texte,
l’Algérie et la fiction ne m’ont plus quittée.
-Avez-vous écrit La jeune fille au balcon spécialement
pour les adolescents ?
-Non. Les écrivains publiés dans Page Blanche par
Claude Gutman ne devaient pas écrire «pour les ados».
Et ça me convenait tout à fait, parce que je n’écris
pas pour la jeunesse – sauf exception, des textes de commande.
Pour La Seine était rouge, j’avais dit de la même
façon à Thierry Magnier que je voulais écrire ce
qui me convenait, sans contrainte – et il y avait longtemps que
je voulais écrire un texte sur cette journée d’octobre
1961. J’ai d’abord écrit ce texte pour moi, parce que
j’avais besoin de comprendre quelque chose que je ne saisissais
pas bien. Puis ce travail est aussi devenu un travail de mémoire
pour les Algériens qui ont vécu cette journée et
pour tous ceux qui sont venus après. Je voulais faire le lien
entre ce qui a eu lieu et aujourd’hui, pour moi c’était
très important de ne pas rester dans le commémoratif.
Je voulais marquer une dynamique mémorielle. C’est la raison
d’être des personnages de l’adolescente issue de l’immigration
et celui du jeune Algérien réfugié politique.
-Et cette adolescente se révolte contre le silence…
-J’ai rencontré, après la publication de ce livre, des femmes qui
avaient 40 ans, et qui disaient qu’il avait fallu l’agitation autour de
l’apposition de la plaque commémorative par Delanoé à Paris, et tout
qu’on a pu dire à ce moment de la responsabilité de Papon, pour que
leurs mères leur racontent qu’elles avaient participé à cette
manifestation en étant enceinte d’elles… Il aura fallu que, quarante
ans après, la parole familiale individuelle soit précédée de la parole
publique, collective et politique. Les familles n’avaient pas pu
prendre la responsabilité de l’émergence de cette parole. Cette parole
qui manque, est-ce que c’est une protection, une volonté d’oubli ? Je
penche pour la volonté d’oubli, qui cherche à protéger les proches, les
enfants, ceux qui sont fragiles. Je crois qu’il y a une peur de parler
de ce qui va blesser et de ce qui va séparer. On a toujours peur de la
séparation. Un peu comme les enfants qui ont peur quand les parents
crient ou se séparent. On a peur, parce qu’on est en France, de faire
resurgir ce qui va diviser les adoptés de la France et ceux qui étaient
là avant…
-C’est cet « enfouissement » qui génère
des révoltes tant d’années après ?
-Des révoltes qui peuvent être meurtrières, des
manques de structuration personnelle qui peuvent déboucher sur
la violence. Et s’il n’existe pas un relais par le collectif,
si on ne peut pas faire face par le discours politique, par la création
littéraire, artistique ou militante… Des paroles jamais
dites, ça peut conduire à la folie. Je crois que c’est
pour cette raison que dans la fiction que j’écris, il y
a beaucoup de folie, de la folie en cours ou de la folie à venir
La matière de votre travail d’écrivain interroge
à la fois votre passé et l’Histoire.
Histoire individuelle, singulière et familiale et histoire collective
étroitement mêlées, lien ou dé-lien entre
histoire minuscule et Histoire majuscule… Voilà effectivement
ce qui m’intéresse dans les conflits… La fiction peut
tenir compte de l’Histoire, sans qu’on ait affaire pour autant
à un roman historique. Ce qui distingue le roman historique de
l’Histoire dans la fiction, c’est cette dynamique mémorielle
entre le temps du passé et le temps du présent. D’ailleurs,
je n’aime pas les romans historiques. Le seul roman historique
que je trouve intéressant est celui de Marguerite Yourcenar, Les mémoires d’Adrien – là, c’est magnifique.
-Vos
sources d’écriture puisent dans la complémentarité et la dualité de
votre histoire et de l’Histoire, de l’Algérie et de la France, de ces
cultures, ces deux langues…
-J’ai besoin de cette dualité. C’est une dualité croisée, ce n’est pas une dualité parallèle.
C’est le croisement qui fait qu’il y a du conflit ou qu’il
y a de l’amour. Et moi je suis née d’un croisement,
je suis née de l’amour entre deux personnes qui n’auraient
jamais dû se rencontrer finalement. Au-delà du croisement
France-Algérie, ma réflexion et mon écriture sont
liées à l’histoire politique de la France impériale
et colonisatrice, aux rapports dominants-dominés qu’elle
a engendrés. Mais dans mes nouvelles, celles de « Soldats
» ou de Le baiser,
par exemple, je parle aussi d’autres guerres, d’autres exils. Tibet,
Chine, Israël, Palestine, Cambodge, Somalie, Tchétchénie… Je suis
toujours à cet endroit qui va croiser les individus dans un rapport de
domination ou de libération, un endroit où va se poser la problématique
de la préservation de l’intégrité, de soi, de la chair, de l’âme, de la
mémoire et de la parole – ça fait beaucoup ! Et j’en reviens toujours
au problème de la langue : qu’est-ce qui fait que l’une domine l’autre
et dans ce cas qu’est-ce qui est oublié de l’autre, puisqu’on sait
qu’une langue transmet tout, l’Histoire millénaire, la mythologie,
l’histoire familiale ?
-Cette dualité entre histoire singulière et histoire
collective peut, me semble-t-il, trouver écho dans bien des histoires
personnelles de jeunes et d’adultes, pas forcément identiques
aux vôtres, mais proches…
-Pour beaucoup d’enfants de l’immigration, pour beaucoup des
jeunes d’aujourd’hui, et des deux côtés de la
Méditerranée, il est urgent et nécessaire de relire
l’histoire – ou plutôt, dans un premier temps, de la
lire…
-D’après vous, les adultes sont-ils en train de retrouver
la parole, en France et en Algérie, et de la transmettre à leurs enfants ?
-Je crois que oui. Des deux côtés on ressent un besoin
de retour sur l’histoire de l’Algérie, toute l’histoire
de l’Algérie, pas seulement l’histoire de la guerre.
Car malheureusement, l’histoire officielle de ce pays s’est
arrêtée à celle de la guerre, à celle qui
héroïse l’Algérie… avec un certain nombre
de lacunes. Mais aujourd’hui il y a le désir de savoir et
de réfléchir des deux côtés, pas seulement
chez les intellectuels et les universitaires, mais dans toutes les classes
sociales. Un besoin qui relève de la survie, d’un besoin
d’avenir.
-À la lecture de Je ne parle pas la langue de mon père
, je me suis demandé si la langue française vous avait
préservée d’une partie de l’Histoire algérienne,
comme si le silence et le fait de ne parler que le français vous
avaient protégée de certains dangers…
-Je n’y avais pas pensé… Je ne sais pas… Quand j’étais enfant, en
Algérie, les instituteurs –dont mes parents– enseignaient la langue
française à des enfants dont ce n’était pas la langue maternelle. Cela
signifie que les autres langues étaient interdites dans l’école. Le
berbère, le kabyle, l’arabe étaient exclus. Dans ma famille aussi,
c’était le français qui permettait la communication et l’accès au
savoir. Il n’y avait pas de nécessité vitale à apprendre l’arabe, et
mon père qui aurait pu nous l’apprendre ne l’a pas fait. C’est une
situation que l’on retrouve en France, chez ces couples qu’on dit
mixtes. Beaucoup d’enfants de l’immigration maghrébine ne parlent ni le
berbère, ni le kabyle, ni l’arabe. Ils font semblant, ils s’amusent à
dire des mots, ils friment un peu, avec quelques mots, quelques phrases
qu’ils maîtrisent à peine. Je crois que ça leur plaît de projeter comme
ça dans la langue française des mots qu’ils ont retenus de la langue
maternelle – plus par jeu que par revanche. Et puis certains jeunes en
quête de leurs racines apprennent l’arabe… Quelques-uns, seulement, et
ça passe souvent par l’islamisation. Bon… Je ne pense pas que ce soit
dramatique de passer par la religion pour arriver à la langue de ses
père et mère. Ils ont besoin un temps donné de chercher, et le foulard
que peuvent porter certaines adolescentes est un foulard de quête plus
souvent que de prosélytisme…
-Quand vous rencontrez de jeunes lecteurs, que vous renvoient-ils le
plus de vos écrits ?
Des points très précis, surtout de la part des filles. Ces dernières
années, j’ai noté quelque chose de nouveau. Quand ils m’interrogent sur
la religion, et que je réponds que je ne crois pas en Dieu, cela choque
beaucoup de garçons et filles issus de l’immigration. Je me demande si
je ne devrais leur opposer que ça ne regarde que moi… Parce que tout à
coup, il y a une hostilité, ils ne m’écoutent plus, je ne suis plus
crédible. Pour eux, j’arrive avec un nom arabe, je leur parle des
Algériens, d’une certaine manière, je leur parle d’eux, et si je dis
que je ne pratique pas la religion musulmane, je n’ai pas le droit d’en
parler. De même, j’ai déjà entendu dire par des Algériens que je
n’avais pas le droit d’écrire ce que j’écris sur les Algériens, les
Maghrébins en langue française…
-Sebbar signifie «Le patient». L’êtes-vous
?
Oui. Enfin, sauf quand la colère politique m’habite. Je
ne supporte pas tout ce qui se passe concernant l’hégémonie
américaine, la manière dont elle s’exerce… Et
Israël, et la Palestine… Tout cela est insupportable de mauvaise
foi et de cynisme !… Mais là où je fais preuve
de patience, c’est dans le travail de fourmi nécessaire
à la construction des histoires. Il faut questionner l’actualité,
questionner les choses et les gens pour avoir des réponses. On
ne les a pas tout seul. Cela revient un peu à être toujours
en alerte. J’ai l’impression d’avoir dormi si longtemps
et de m’être enfin réveillée il n’y a
pas si longtemps, peut-être grâce à la littérature…
-À la fin de la nouvelle La jeune fille au balcon,
et du roman Je ne parle pas la langue de mon père, vous
évoquez des rubans verts…
Je sais par mon père que des vieilles tantes que j’ai très
peu connues allaient en “pèlerinage” sur des sanctuaires,
près desquels souvent, il y avait un arbre vénéré.
Ce n’est pas du paganisme, mais en même temps c’est
un peu superstitieux. Les hommes parlent toujours de ces rites féminins
avec un peu de moquerie, mais ils défendent ces lieux, sanctuaires
et marabouts, dont beaucoup ont été détruits par
les islamistes radicaux. Les femmes mettent des bouts de laine, des
rubans verts ou rouge dans ces arbres, un peu comme des ex-voto, des
souhaits comme on peut en voir dans n’importe quelle chapelle.
Et un jeune garçon peut le mettre au revers de son blouson pour
témoigner son amour à la jeune fille au balcon. C’est
un geste que j’aime. C’est peut être pour cette raison
que j’en parle à plusieurs reprises. Et puis le vert c’est
la couleur de l’Islam, les petites filles étaient habillées
avec du vert, pour célébrer l’indépendance,
dans le drapeau algérien il y a du vert. C’est une des couleurs
des étoffes de l’Orient, avec le rouge et le jaune d’or.
Et c’est ma couleur préférée. Terminons, si
vous le voulez bien, sur un ruban vert – plein d’espoir je
ne sais pas, mais en tout cas plein de souhaits.
Propos recueillis par Nelly Bourgeois, librairie Dédale
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