• Les plumes d’Arthur


 



Clair Arthur, créateur de la célèbre Germaine Chaudeveine, sorcière dont les aventures sont publiées chez Nathan, écrit actuellement une pièce de théâtre qui s’appellera Parfum de sorcière, comme le premier titre de la série. Il s’agira d’une adaptation très libre des différentes aventures déjà consacrées à cette étonnante sorcière et on y retrouvera les différents personnages qu’elle côtoie. Auteur, mais aussi metteur en scène, scénographe, créateur des costumes… Clair Arthur imagine un fond de scène blanc, évoquant une gigantesque toile d’araignée, surmontée d’une passerelle d’où arriveront les comédiens et prévoit une mise en scène dans laquelle les objets et les effets de machinerie joueront un rôle important. Déjà les techniciens travaillent à la concrétisation de toutes ces idées pour ce spectacle qui sera créé sous chapiteau au Festival de théâtre pour enfants « Au Bonheur des mômes » qui se tiendra au Grand Bornant fin août 2005. C’est à ce même festival que sa compagnie Le Théâtre des Amarelles a remporté le Prix Jeunes Compagnies avec son premier spectacle « Couleurs » en 2003. Nous lui avons offert la parole à l’occasion de ce dossier…

Écrire pour le théâtre. « Un écrivain, c’est déjà pour moi un metteur en scène qui imagine des personnages, des lieux, qui prévoit que tel personnage arrivera à tel moment et par tel côté… Mais avec l’écriture théâtrale on va plus loin. Car le texte, même une fois écrit, reste de la matière première. Il peut être remanié au fil des répétitions, en fonction du jeu des acteurs. Petit à petit s’ébauchent des déplacements, se crée un rythme, s’élabore le squelette du futur spectacle. Peu à peu, tout prend corps et chair. Et puis la mise en scène rend visuel tout ce qui est invisible dans le texte, tout ce qui circule entre les mots. »
 
Écrire pour les enfants. « Je veux que dans mes spectacles pour enfants, il y ait de vrais personnages, une histoire forte, mais aussi des choses spectaculaires, très visuelles, avec plusieurs degrés de lecture pour que les enfants les plus jeunes comme leurs parents puissent s’y retrouver. Parrallèlement, j’écris aussi du théâtre “uniquement” pour adultes. C’est le cas avec Stavenger, une grande fresque nordique en cours d’écriture dans laquelle je m’amuse à emmener les spectateurs dans une direction, en m’y prenant de telle façon qu’ils devinent qu’on les trompe car ils ont compris que dès le début les dés sont pipés. Avec les adultes, on peut aller très loin dans la dérision… C’est quelque chose qu’on ne peut pas faire avec les enfants : ils n’ont pas la distance requise. quand on écrit pour eux, il faut faire attention au sens premier d’une phrase. »





Les spectacles de la compagnie des Amarelles. « Je fais du théâtre depuis longtemps, mais la compagnie s’est créée en 2002 autour du spectacle « La Maison des plumes de poules ». C’est un texte que j’ai longtemps porté, et qui est plutôt destiné aux adolescents et aux adultes. L’histoire se déroule au XVIIe siècle à paris, durant un hiver très froid. Le décor c’est une cave, un squat tenu par la veuve Perruche. Le sol est recouvert de 30 à 40 cm de plumes de poules, tandis que la veuve se tient dans un lit suspendu. C’est l’histoire d’une nuit blanche, de la difficulté à trouver le repos, la paix. Les personnages ne sont pas ce qu’ils disent être, c’est une pièce un peu immorale, où l’apparence en tout cas est du côté des mécréants et de leurs affrontements, mais… La particularité de ce texte c’est que chaque personnage a son langage, un langage inventé. Mais la première pièce que j’ai vraiment écrite, c’était Couleurs, d’abord mise en scène par André Pomarat au TJP de Strasbourg avec beaucoup de moyens et d’effets techniques, et que j’ai eu envie de remonter dans une version plus “physique” avec une présence quasi charnelle de la peinture. Actuellement nous jouons aussi « La Comédie du Petit Poucet », dont le texte est né d’une commande des archives départementales des Vosges à l’occasion d’une exposition sur Charles Perrault. Leur souhait était de voir adapté l’un de ses contes. Dans ma réécriture j’ai choisi d’additionner une autre histoires à celle du petit Poucet en mettant en scène, de nos jours, de “grands” enfants abandonnés. Ce sont des adultes, ils sont quatre, trois frères et une sœur : un fils naturel, un fils adoptif, un enfant trouvé et un bébé volé. Leur père, montreur d’ombres est parti pour suivre une femme et ce sont eux qui vont devoir assumer la représentation du petit Poucet. On a un va et vient entre les deux histoires et les 4 apprentis montreurs d’ombres vont modifier des aspects du conte qui ne leur plaisent pas, ils “aménagent” Perrault ! »

Propos recueillis par Claude André, librairie L’Autre Rive



Mis en ligne: Lun. - Avril 25, 2005
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