On a mangé des bulots avec un verre de vin blanc entre deux clients.

Petit flash back: un 31 décembre 2014, librairie La Boîte à Histoires de Marseille, les portes refermées sur l’année.

Ouf ça y est ! Gigi et moi on a résisté.

On a relevé le grand défi des libraires qui consiste à rester en vie jusqu’au 31 décembre.

Commencé fin août le marathon est monté en puissance et on a fait face sans craquer..

Ou presque.

Vers la fin on a bien senti qu’on commençait un peu à fatiguer …

Comme ce matin où Gilliane a refusé d’ouvrir à une cliente qui toquait à la porte sous prétexte qu’il n’était QUE 9h53 (on ouvre à 10 heures).

En passant la serpillière comme une enragée, elle essayait de se justifier devant mon regard effaré : «Les horaires c’est les horaires, merde, à quoi ça sert de les afficher sur la porte !…»

Il y a bien eu ce soir aussi où croyant que la librairie était vide j’ai gueulé: «Qu’est qu’ils ont tous ces gros nazes à nous demander des livres sur les princesses?!». Bon, il restait deux personnes, j’avais pas vu.

Le 24 dans la journée on s’est un peu effondrées. En fait on a passé Dalida en playlist dans la librairie. Et là trois typologies de clientèle se sont clairement dessinées : les Sélection-Télérama-sous-le-bras qui l’ont un peu mal vécu, les Entre-deux qui rigolaient sous cape et les Vieux qui chantonnaient la larme à l’oeil.

Grand moment d’émotion sur le refrain «Moua je veux moulil sur scèèèneueu» mais après Gigi a changé de musique, je comprends pas pourquoi.

Avec le recul, je me dis qu’on a fait des trucs un peu limite tout de même, comme manger des bulots avec un verre de vin blanc entre deux clients (bonjour l’odeur de marée dans la librairie) ou encore trancher la tête et les pattes d’un gros chapon sur le bureau de l’arrière-boutique (sans commentaire).

Bref, on a survécu et on a hâte d’aller pioncer réveillonner pour la nouvelle année.

Rendez-vous quand vous aurez cuvé pour de nouvelle aventures et de nouveaux coups de coeur… 

Véro, librairie la Boîte à Histoires, à Marseille